Chaque 1ᵉʳ janvier, c’est la même chose : une gueule de bois terrible vous assaille. Et comme à chaque lendemain de soirées, elle est de plus en plus compliquée à assumer.

Normal, vous avez probablement fêté le passage à la nouvelle année hier soir, en trinquant avec vos amis ou votre famille à base de coupes de champagne et de chopes de bières. Pourtant, il y a quelques années encore, lors de vos années étudiantes peut-être, vos gueules de bois vous semblaient moins compliquées à vivre. Mais avec l’âge, la gueule de bois est de plus en plus difficile à assumer.

Dès 25 ans, ça devient dur. Arrêtons-nous tout d’abord sur ce qui se passe dans votre corps au moment où vous ingérez de l’alcool à partir d’un certain âge. Vous l’aurez peut-être remarqué, dès 30 ans, voire 25 ans, les effets ressentis des excès d’alcool paraissent de plus en plus désagréables. Cela s’explique par le fait que, avec l’âge, l’organisme évolue. On prend du poids et donc le volume d’eau contenu dans notre corps diminue. Or, plus ce volume diminue, plus l’alcoolémie monte rapidement et fortement.

En effet, une fois ingéré, l’alcool se répand dans toutes les parties de l’organisme et se diffuse dans tous les tissus de notre corps qui contiennent de l’eau. Avant d’être expulsé par l’urine, la sueur, ou encore par l’air expiré. S’il y a moins d’eau dans notre corps, l’éthanol – la molécule présente dans l’alcool – ne se diffuse pas de la même façon. Plus on vieillit, plus on a un pic d’alcoolémie qui augmente graduellement, à consommation égale.

En bref, avec l’âge, on est ivre plus facilement, même si on boit la même quantité. Les effets peuvent être catastrophiques, si l’on n’adapte pas sa consommation aux évolutions de son corps. Et donc plus l’on vieillit, plus les effets subjectifs ressentis de l’intoxication à l’alcool évoluent. On parle là de l’effet euphorisant, désinhibant, plaisant, stimulant. Des études ont interrogé ces effets subjectifs ressentis, et ont démontré que plus on prend de l’âge, plus on a des effets ressentis forts.

Un autre facteur important dans tout cela est la vitesse à laquelle l’alcool passe de l’estomac à l’intestin. Plus on vieillit, plus l’alcool reste longtemps dans l’estomac. Et donc dégrade les enzymes, qui permettent normalement de dégrader l’alcool, et ainsi de l’éliminer de notre sang. Avec l’âge, les enzymes qui permettent la dégradation de l’alcool sont moins actives, et donc ne permettent plus de le dégrader aussi bien qu’auparavant. Or, moins on dégrade l’alcool, plus l’alcoolémie est élevée.

Tous ces facteurs réunis, qui augmentent notre sensibilité aux effets de l’alcool quand on vieillit, ont aussi un effet sur les lendemains de soirée difficiles. Et les symptômes de la gueule de bois. Plus l’alcoolémie est importante, plus les effets importants le lendemain. Et puis quand on prend de l’âge, on est plus sensible à la déshydratation, aux problèmes de sommeil, à l’hypoglycémie, aux effets toxiques de l’alcool en somme.

Quid du foie ? En effet, cet organe joue un rôle clé dans l’élimination de l’alcool. Si l’éthanol est presque entièrement absorbé par le tube digestif, la plus grande partie est conduite au foie, où la molécule est oxydée. Avec l’âge, on peut avoir un foie moins efficace dans la dégradation de l’alcool. Comme l’alcoolémie est plus forte, le foie a plus de soucis à évacuer l’acétaldéhyde, la première molécule présente dans l’alcool à être dégradée. Or cette molécule est très toxique pour les cellules, donc si on est moins efficace à l’évacuer, les effets sont plus importants.

De plus, avec les années qui passent, on a plus de risque d’avoir une pathologie ou des prises médicamenteuses qui peuvent interagir avec la prise d’alcool. Et c’est bien connu, tout cela ne fait pas bon ménage : les conséquences peuvent donc être douloureuses.

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