Le 10 janvier, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik dévoilera deux pavés à la mémoire de ses parents déportés à Bordeaux. Cette cérémonie est organisée dans le cadre de la commémoration des 80 ans de la rafle du 10 janvier 1944. Elle aura lieu au numéro 60 de la rue de la Rousselle, dans le centre-ville.

Aaron et Estera Cyrulnik, parents de Boris Cyrulnik, étaient juifs et originaires de Pologne. Ils avaient été déportés à Auschwitz en juillet 1942. Leur dernier domicile connu était situé au 60, rue de la Rousselle. Après l’arrestation de ses parents, Boris était placé à l’assistance publique jusqu’à ce que son enseignante Margot Farges le sauve en l’emmenant chez ses propres parents.

Le 10 janvier 1944, Boris Cyrulnik avait été conduit et fait prisonnier à la synagogue de Bordeaux, suite à une dénonciation. Il était alors âgé de 6 ans et demi. Les Allemands, avec l’aide de la police française sous les ordres de Vichy, avaient arrêté et déporté 365 personnes juives, toutes rassemblées dans la synagogue. Boris Cyrulnik avait réussi à échapper à la déportation vers Drancy et au camp d’extermination d’Auschwitz.

A l’occasion de la commémoration des 80 ans de la rafle, Boris Cyrulnik participera à la pose de deux pavés à la mémoire de ses parents. Les Stolpersteine sont des pavés de béton avec une plaque de laiton qui rappellent la mémoire des personnes déportées. Chaque pavé mentionne le nom, la date de naissance, et les camps de déportation et d’assassinat. Ces pavés sont volontairement simples pour que chaque personne s’interroge sur ce qui s’est passé à cet endroit.

Depuis 1992, plus de 98 000 pavés ont été posés dans sept pays européens, dont 500 en France en 2023. Bordeaux compte actuellement 15 pavés de mémoire. La cérémonie de commémoration se poursuivra à la grande synagogue de Bordeaux où les noms des 365 personnes arrêtées en janvier 1944 seront lus. En soirée, une conférence publique sera organisée à l’Espace Brets avec Jean-Marie Matisson, l’un des plaignants du procès de Maurice Papon.

Boris Cyrulnik a été le seul à échapper à la déportation grâce à sa cachette. Il est aujourd’hui un célèbre neuropsychiatre et raconte son histoire pour que la mémoire de la Shoah ne soit pas oubliée.

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