La SNCF souhaite lancer la consultation médicale à distance d’ici à 2028 dans les déserts médicaux. Une mesure décriée par l’Ordre des médecins.

Longs délais d’attente, manque de médecins généralistes ou de spécialistes de santé… En France, selon le gouvernement, 30,2 % de la population française vit dans un désert médical, dont 62,4 % en Île-de-France. Pour faire face à cette pénurie de soins médicaux, la SNCF a décidé de lancer, dans 300 de ses 3 000 gares en France, un dispositif de téléconsultation médicale. Dans un communiqué publié le 17 novembre, SNCF Gares & Connexions précise qu’un partenariat avec Loxamed, une entreprise spécialisée dans l’installation de ces cabinets médicaux à distance, a été trouvé après un appel d’offres.

L’objectif ? « Faciliter l’accès aux soins des Français dans des zones ne disposant pas d’une couverture médicale suffisante », détaille le groupe ferroviaire. Selon la SNCF, 90 % de la population réside à moins de 10 km d’une gare. Toutefois, toutes les gares ne pourront pas bénéficier de cette nouvelle mesure que compte engager la SNCF d’ici à 2028. Seules les gares situées « dans les zones d’intervention prioritaires (ZIP) et les zones d’action complémentaire (ZAC) » seront concernées. On parle ici de zones sous-denses, « caractérisées par une offre de soins insuffisante pour leur population », comme le précise le ministère de la Santé.

Selon un rapport sénatorial remis le 29 mars 2022, 1,6 million de Françaises et Français renoncent chaque année à accéder aux soins. Par ailleurs, 11 % des 17 ans et plus n’ont pas de médecin traitant.

Comment la téléconsultation va-t-elle se mettre en place ? La SNCF assure que « tous les espaces (…) permettront aux professionnels de santé de recevoir les patients dans les meilleures conditions ». Ces espaces accueilleront des consultations médicales « classiques », mais seront également présents pour accompagner des campagnes de dépistage, de prévention ou encore de vaccination. Les patients qui se rendront en gare seront en effet accompagnés par un infirmier qui aidera à l’examen médical. Par exemple, « l’infirmière vous pose le stéthoscope sur le cœur et un médecin pourra écouter à distance pour faire un diagnostic de santé », illustre le directeur général.

Les médecins qui prendront en charge les consultations médicales seront des médecins formés et exerçant en France, a souligné SNCF Gares & Connexions. La prise de rendez-vous se fera sur place. Les espaces de téléconsultation seront également référencés sur les plateformes de gestion des rendez-vous comme Doctolib. Pour bénéficier de ce service, il faudra néanmoins que les patients et patientes soient couverts par l’Assurance maladie. Le prix de la téléconsultation sera celle d’une consultation classique de secteur 1, à savoir 25 euros. En complément de cette offre commune, d’autres services de santé seront proposés selon les lieux d’implantation en fonction des besoins locaux (bilans oculaires, diagnostics sport santé…).

Le projet de la SNCF est toutefois blâmé par l’Ordre des médecins, qui s’est exprimé par le biais d’un communiqué sur X (anciennement Twitter). Le Conseil national exprime « sa profonde inquiétude quant au développement d’une telle activité commerciale et économique de la santé ». L’Ordre des médecins appelle bien davantage l’entreprise ferroviaire à améliorer la desserte ferroviaire des territoires les plus enclavés, véritable enjeu d’attractivité des territoires vis-à-vis de l’installation des professionnels de santé. Selon les professionnels de santé, cette proposition rendra les médecins moins disponibles à exercer dans les territoires les plus vulnérables. Ils dénoncent une « dérégularisation » et une « financiarisation » du système de santé.

A lire également

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *