Bordeaux : décès d’Amine Smihi, le « pragmatique » de l’équipe Hurmic

Amine Smihi, adjoint à la sécurité de la majorité écologiste de la Ville de Bordeaux, est décédé le mercredi 6 décembre à l’âge de 51 ans. Après avoir combattu la maladie pendant de nombreux mois, Smihi laisse derrière lui une riche carrière et un engagement sans faille.

Né dans une famille d’opposants politiques en exil du roi marocain Hassan II, Amine Smihi a grandi en Seine-Saint-Denis dans un environnement militant. Il a participé au mouvement des radios libres et a développé un intérêt pour la politique. Malgré cela, il choisit d’éviter une carrière politique et devient professeur de mathématiques, fondant une famille avec son épouse et élevant deux filles.

La famille déménage à Bordeaux il y a une quinzaine d’années, attirée par une ville pleine d’identités. Smihi, un observateur averti du monde de l’éducation, décide de prendre ses responsabilités et passe le concours de proviseur. Il est nommé proviseur au lycée Le Corbusier d’Aubervilliers, où il peut réellement influencer les choses. Cependant, des impératifs familiaux le ramènent à Bordeaux, où il retrouve le monde enseignant et côtoie Didier Jeanjean, qui rejoindra également l’équipe de Hurmic.

Un an avant les élections municipales, Smihi rencontre Pierre Hurmic, l’opposant historique d’Alain Juppé, et décide de franchir la ligne rouge qu’il s’était fixée en entrant en politique. Une fois élu, il se voit confier la délégation de la sécurité et devient maire du centre-ville. Il soutient la promesse de Pierre Hurmic d’avoir « plus de bleu dans les rues » (c’est-à-dire plus de policiers), même si cela déplaît à certains de ses collègues de liste.

Bordeaux est devenue une grande ville au fil des années, et ce succès a un prix : l’insécurité. Amine Smihi s’attaque à ce problème de front, rencontrant les habitants mécontents et cherchant des solutions concrètes. Il parvient même à convaincre le maire de mettre en place des caméras de vidéosurveillance supplémentaires, bien qu’il était initialement opposé à cette idée. En outre, Smihi joue un rôle clé dans les négociations avec l’État concernant la répartition des tâches entre la police municipale et la police nationale.

En un peu plus de deux ans, Amine Smihi a marqué de son empreinte l’action de la municipalité. Il avait une vision réaliste de la politique et ne rechignait pas à recevoir des compliments. Son décès laisse un vide dans l’équipe de Hurmic et dans la politique locale.

(Sources : Sud Ouest, Instagram Pierre Hurmic)

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