À Montréal, certaines bibliothèques vont être interdites aux personnes qui sentent mauvais

La ville de Montréal a récemment annoncé une mesure controversée, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2024. Selon La Presse, 45 bibliothèques publiques pourront dorénavant refuser l’entrée aux personnes « ayant une hygiène corporelle qui incommode les autres usagers ou le personnel ». Cette décision a suscité une vive réaction de la part d’associations, qui la jugent discriminatoire envers les sans-abris.

Les personnes visées par cette mesure pourront être expulsées des bibliothèques et se verront attribuer une amende allant de 350 dollars canadiens (240 euros) à 1000 dollars (680 euros) en cas de première infraction. En cas de récidive, les sanctions prévoient un bannissement d’un mois et une facture de 3000 dollars canadiens (2000 euros).

Cette mesure, déjà approuvée dans huit arrondissements de la ville, a suscité un débat passionné. Elle est vivement critiquée par des associations, qui estiment qu’elle stigmatise les personnes les plus marginalisées. Annie Savage, directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (Rapsim), a qualifié cette mesure d' »outrageante » et d' »alarmante ». Selon elle, il est choquant de constater que de nombreux lieux publics refusent d’accueillir les personnes en situation d’itinérance.

Pour certains arrondissements, cette mesure est nécessaire afin de prévenir des situations délicates avec les usagers des bibliothèques. Des problèmes d’infestation de punaises de lit ont également été évoqués comme argument. Toutefois, certains soulignent que les bibliothèques sont des lieux importants de socialisation pour les personnes sans-abri, qui cherchent un peu de chaleur, de sécurité et un accès à l’internet.

Au final, cette mesure soulève de nombreuses questions éthiques et pratiques. Comment les bibliothèques pourront-elles faire appliquer cette interdiction ? Est-il juste de punir les personnes sans-abri pour leur apparence ou leur odeur ? Ces questions ont été soulevées par des associations et des membres de la communauté, qui plaident en faveur d’une approche plus humaine et respectueuse.

Il reste à voir comment cette mesure sera mise en œuvre et quelles seront ses conséquences sur les personnes sans-abri. En attendant, le débat sur les politiques publiques en matière d’itinérance et d’inclusion sociale continue de faire rage.

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